Archives mensuelles : octobre 2016

Sonnez tambours

SONNEZ TAMBOURS

Je ne parlerai pas de l’araignée
qui me fait danser
jusqu’au talon

Ni de celle qui me fait
légèrement claudiquer
en marche arrière

Je pourrai poursuivre
virevoltant farfadet
ma spirale aléatoire:

Je suis tu m’est pour oeil contre oeil
giclent nos jambes
jaillissent nos prismes de charmes

te jauge me jauge nous jaugeant
en garde
en grande
conversation

*

Je parlerai
de la toile que tu hisses
à l’entour de ta taille

muleta
d’une torera sans souliers

de cela qui me retient
prisonnier de cet entrain
je suis tu es nous dansons

ce dont on ne peut parler il ne faut pas le taire
quand bien même on danserait au bord du ciel
quand bien même on effleurerait la terre


PCBS (Petit Corps en Bonne Santé)

Ô tango je préfère la natation

Ô TANGO JE PREFERE LA NATATION

Refrain : Tant d’os pour tenir tant d’eau
Naître flaque et tenir debout

Tant d’os pour poser un pied devant l’autre
Tant d’eau pour que respire la marche des corps

Tant d’eau pour que fluides muscles organes peaux
Tant d’os pour que portent sur tête sommet

Tant d’eau pour que circulent tout membres admis
Tant d’os pour que s’emboîtent tout membres amis

Il y a la cruche et l’eau
Les rides de secousses en surface
Le tournis des profondeurs
Et l’anse d’une main en forme d’anse tenue forte.
Vouaddé-millié !*

*selon le poète Victor Gelu, cette exclamation exprime la sensation d’un homme qui nage avec volupté, et plus
exactement « … de l’homme ce mortel trois fois heureux qui se pâme dans un océan de délices ».


PCBS (Petit Corps en Bonne Santé)

Traditionnel, érotique, transversale

TRADITIONNEL, EROTIQUE, TRANSVERSALE

Le parce monte et étire masse joie que
La terre et tête collé examain exopieds l’eau de passage.

Axpire c’est colonne longueur temps rond pour pousser et élargir
Etre au fil être au front à front pas de milieu de pas deux.

De deux s’il faut au repos large à substitue dépassé la
tourne est sèche c’est choix puis prochain pour et non tour ou renverse.

Si floue rives tout points collé midi de ventre passe
hardie hanches de volée épaule plate.

Un clic puis route en marche vous ceux dérive contrôlée rang rupt.


PCBS (Petit Corps en Bonne Santé)

Hésitation valse

HESITATION VALSE

Un non/oui le vendredi
Un oui/non ça va merci
Un ça va pâle la tête
Pâle morale pâle pepsi

Un non/oui le samedi
Un oui/non très bien merci
Un ça part blêmes boulettes
Ça part -tout seul à part- envie
Très bien merci

Le dimanche s’accalmie
Résultat le lundi
Ça pas part pas pas part
Pa pa pa pa partir dur
De semelles non/oui
De oui/non à sa merci

Faudrait pas qu’un mardi
Se suppose mercredi
Si c’est non/oui le jeudi
Écris oui/non très bien merci

Ainsi c’est ainsi
Semelles foulent semaines
Allers-retours
Semaines folles semelles
Comme en amour


PCBS (Petit Corps en Bonne Santé)

– Prudence et cadence –

PRUDENCE ET CADENCE

Contrôle de la glissance
Résistance à un fort trafic
Contrôle dans un fort trafic
Résistance à la glissance

Prévision des écarts
Retenu des élans
Prévision des élans
Retenu des écarts

choix des trajectoires
maîtrise des évitements
choix des évitements
maîtrise des trajectoires

droite droite
pile avance repart                                                                           vite vite plus
freine écart encore…etc


Un poème de PCBS (Petit Corps en Bonne Santé).

Mots bal(l)adés dans la danse

Un petit projet qui attend son petit monde pour venir l’agrémenter.
Donner corps à la danse dans les mots.
dsc_0192

Vous êtes invité·e·s, vous aussi, à écrire sur les danses qui vous touchent, ou sur des moments de danse ou de musique qui vous ont capturé·e·s.
Vous êtes invité·e·s à reprendre les textes des autres, donner votre sentiments sur telle ou telle danse.

Vous êtes invité·e·s à m’envoyer des morceaux, photos ou vidéos qui peuvent coller avec ses écrits pour les publier à leur côtés ! (Je m’engage demander l’autorisation aux auteur·e·s/artistes en question pour ce faire).

   Oyé oyé ! Venez étoffer cette anthologie de mots bal(l)adés dans la danse. Comment parler du mouvement dansé dans une suite de lettres figées ? Comment donner à voir et sentir tous ses êtres mouvants dans l’écriture ? Et transmettre la fuite des notes dans l’enchaînement des phrases.

Polska

    Cadence, poids, contre-poids.
Du un au trois, tout se fait attendre. Du trois au un il n’y a qu’un pas.
La première fois que j’ai eu affaire à une polska, j’étais un petit œil, tapi dans la foule, petit œil observateur, petit œil enchanté.
Peu de monde dans la salle, juste assez pour voir le mouvement circulaire, sentir l’énergie de la danse. Et ce couple qui me toucha. Les deux danseurs ne tournaient jamais mais restaient dans la promenade en riant. On aurait dit une série de rendez-vous manqués, les deux n’en continuaient pas moins de se promener sur trois temps, discutant, se souriant.  Près d’eux, les danseurs alternaient les tours et les voltes avec la ballade dans le cercle.
Polska : pas de boiteux plein de grâce, de clampin volatile. Et quand la musique nous hérisse de frissons, elle qui est transportée dans le cercle, véhiculée par les corps, c’est comme traverser le miroir des ondes, flotter sur les mélodies, tournoyer sur la balançoire des rythmes…

Farandole

   Je connaissais le nom de cette danse, sans connaître, justement, la danse.

   Tout un imaginaire peut se construire sur un mot. Farandole était une guirlande de carnaval dans mon esprit.

   Légers corps qui se suivent et des pointes de pieds à la dérive fusent comme tirés par un fil du ciel. Les notes enchaînées, montent et descendent des collines à la douce pente, joyeusement ; les danseurs, mains dans les mains attrapent la musique de leurs pas.

Mazurka

   Rien que le nom fait danser la langue dans notre bouche. Trois syllabes bien distinctes, trois temps pour savourer nos pas. La suspension, qui rend heureux les danseurs friands de suspens et de plaisirs. Un, deux… ahah, un petit temps en suspens pour se regarder, jouer le flamand rose, profiter de ce cours répit pour imaginer une suite improvisée sur et avec la musique. Mazurka qui pourtant à réussi à me lasser, et peut-être me rebeller. Mazurka souvent si langoureuse, chamallow, marshmallow, à se souffler des petits mots doux à l’oreille, et ne faire plus qu’un dans une masse de jambes et de bras qui ondulent. Mazurka, je l’avait pour un temps délaissée, plutôt aux couples charmés par ces mélodies d’amour dégoulinant, sérieux dans le jeu de la sensualité.
Mazurka avec qui je viens de me réconcilier, le flamand rose séducteur a muté en un cheval. Mazurka d’équitation tu es devenue ! Avec ton pas sautillant, joueur mêlé à la douceur coulante de la valse dans cette fameuse danse des Flandres que je viens d’apprendre. Mazurka de poney, mazurka cheval, tu m’as donné la clé. A l’excès de chamallow, il suffit d’un saut pétillant, d’une tendre touche d’humour !

   Un, deux… ça pétille, ça frétille, le sourire suspendu aux lèvres. Un, deux, trois, prêt à surprendre. Un, deux… un burlesque clown flamand. Un, deux, trois, métamorphose du mouvement.
Mazurka, prétexte pour un dialogue malicieux…. Un, deux et…

Ecriture à plusieurs mains

Écrire seul mène parfois à l’ennui. Ou encore la lassitude d’être enfermé dans un carcan, celui qui fait qu’on se répète dans le fond comme dans la forme.

A la fin d’une séance cinéma, une file de noms apparaît dans le générique, tant de monde pour créer un film ! Et alors, une œuvre littéraire n’est-elle pas toujours porté que par un nom ?  UN·E écrivain·e qui a la grosse tête parce qu’il  a fait cela tout seul lui ! ( je caricature bien-sûr !).
Il fut un temps ou, au Moyen-Age, les écrivains étaient souvent anonymes et leurs œuvres parfois librement réécrites par des copistes, ou des suites, des variantes ou des épisodes ajoutés par d’autres écrivain·e·s.

L’écriture n’est peut-être pas nécessairement « uni-scribe » !

Fanchon et Zoran nous ont sorti une carte de jeu possible pour écrire et remuer la poussière, pour faire rouler à deux la bille du stylo.
Voir ici leur texte : Pépé Cailloux
Ils nous jettent à la figure une proposition, un possible de pluri-écriture !

L’idée est la suivante : écrire à plusieurs mains !

Le jeu est le suivant  :

Écrire à tour de rôle une phrase de majuscule à point (cela peut aller du mot, de l’interjection à la phrase complexe) et se laisser porter par le récit .

Pour avoir tenté l’expérience, le mieux est de découvrir à deux de quoi parle votre histoire, et d’accepter les propositions de/des autre·s.
Surtout ne projeter pas chez l’/les autre·s une histoire (à moins de pratiquer très agilement la télépathie) !

Et pas besoin d’être au même endroit, vous pouvez même travaliler par canapés ou cafés interposés avec des documents collaboratifs internet. Je vous en donne un : Framapad ->  ce logiciel en ligne est gratuit et libre d’accès.

En espérant que l’idée vous séduira, n’hésitez pas à envoyer vos textes que je peux publier sur le site si vous en avez l’envie !