L’auteur.e : de l’étoffe des rois ou du costume d’Arlequin

L’auteur.e est un.e  ! Le.la créateur.trice ! Le.a dieu.déesse tout.e puissant.e ! Seul.e face à son parchemin pour une écriture inspirée, révélée… et hop ! en un tour de magie des mots lui sortent des mains, des doigts, des yeux, des oreilles, se déversent en patte de mouche sur le papier blanc. Et tac ! Voilà l’œuvre ! … euh pardon, le chef-d’œuvre ! L’émanation d’un cœur et qu’on ne s’avise pas à remettre en cause cette entité bien définie, hautement prestigieuse qu’est l’auteur.e !

À le.la hausser ainsi, si haut perché.e sur un piédestal de marbre, n’avons-nous pas tendance à avoir le vertige ? Il ne faut pas le.la copier, il.elle travaille seul et l’écriture sort de lui.elle comme l’eau d’une source.

Pourquoi ne pas le.la faire descendre des hauteurs, et le.la considérer comme un.e tisseur.euse, un.e tricoteur.teuse, qui créerait à force de travail et de reprise d’une étoffe de mots. Pourquoi ne pas imaginer l’auteur.e autrement : ce peut être un groupe, ce peut être un.e copiste qui fait des variantes, qui chante différemment le motif des autres, ce peut être une femme, un homme, un.e enfant, un.e ado, un vieux, une viielle, de tous les lieux , de toute les langues…  Peut-on le. la ranger dans une boîte, ne peut-il.elle pas choisir auprès de quelle épices il.elle veut être rangé.e ?

Celuielle qui écrit pour déclamer. Celuielle qui écrit dans des carnets au crayon de papier. Celuielle qui publie des gros volumes. Celuielle qui délaisse son ouvrage au bon vouloir des lecteurs. Celuielle qui chante ses vers ou ses rythmes…

Je finirais ce billet de ton léger ainsi : qu’est-ce que l’auteur.e ? La réponse reste ouverte et multiple. Son œuvre est en tout cas le fruit d’un travail, d’un effort d’essayer, de tenter de mettre les mots, trouver une voix …
À réfléchir, à interroger en tout cas…

Quelques pistes qui peuvent faire réfléchir sur le sujet :

Zimmermann (Michel), éd. Auctor et auctoritas. Invention et conformisme dans l’écriture médiévale.

http://litterature.ens-lyon.fr/litterature/dossiers/themes-genres-formes/la-figure-de-lauteur

https://www.unil.ch/files/live/sites/fdi/files/shared/Brochure20-21juin2013.pdf

 

2 réflexions au sujet de « L’auteur.e : de l’étoffe des rois ou du costume d’Arlequin »

  1. L’écriture en genre neutre, c’est gentil, mais dans un texte littéraire ça ne marche pas. On va pas se mettre à avoir peur du genre, quand même.
    Sinon, pas mal.

    1. Merci de ton commentaire. Ceci n’est pas une écriture en genre neutre mais une écriture inclusive. La question d’une écriture inclusive dans une écriture que l’on jugerait littéraire est intéressante, mais elle demande selon moi de définir ce que l’on place dans le concept de littérarité (un article, un commentaire, un essai ont-il un aspect littéraire par exemple ?).
      Pour ce qui est de cet article en question, je souhaitais questionner le statut et la figure de l’auteur.e, en y adoptant une écriture inclusive, comment dire, je cherchais aussi à ne pas occulter le fait que n’écrivent pas seulement des personnes de genre masculin. Je ne souhaite pas, dans un article de remise en question d’une figure dans le canon littéraire, reconduire des idées que je ne défends pas. Effectivement, cette écriture peut faire buter le style, mais j’ai souhaité faire primer ici mes convictions.
      A discuter !

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